L'heureux tournant, c'est les autres
En substance, même si le problème est posé différemment, la conclusion est
la même : il faut investir dans les autres. Le bonheur est
participation. Qu’elle soit mobilisation politique, activisme dans les réseaux
sociaux, le bénévolat ou l’association de quartier, la famille ou le
« networking » social du Réseau. C’est précisément sur les rapports
interpersonnels et, indirectement, sur la réévaluation du don, de la gratuité,
de la confiance, que se fonde le modèle de l’économie du bonheur s’inspirant du
précepte de l’empereur romain Marc-Aurèle : “Nous sommes nés les uns pour les
autres”.
Le chaînon manquant dans la relation entre le revenu et le bonheur serait
justement les biens relationnels. Comment se fait-il que l’homme occidental se
trompe systématiquement dans ses calculs sur le bonheur ? Il travaille trop et
il n’a plus le temps ni l’énergie de cultiver ses rapports avec les autres. Ou
bien il ne réalise pas que de très nombreux biens de consommation sont
contrefaits en biens relationnels de substitution. Par exemple, les
soap-opéras, la télé-réalité et les talk shows, formats télévisuels dominants,
offrent un simulacre de rapports humains véritables. Pour de nombreux
téléspectateurs les personnages du petit écran sont leurs seuls amis.
(16/06/2006)
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